lundi 7 octobre 2013
Alors que le FMI vient de féliciter São Tomé-et-Príncipe pour sa mise en œuvre satisfaisante du programme économique et fiscal durant le premier semestre 2013, la stabilité retrouvée de l’économie du petit pays pourrait être mise à mal par les désillusions du rêve pétrolier. D’ailleurs dans une note d’analyse publiée récemment, Gerhard Seibert, chercheur associé au Portuguese Institute of International Relations and Security (IPRIS), revient sur la fin de ce rêve pétrolier.
En effet, l’ancienne colonie portugaise avait fondé ses espoirs de croissance économique sur les perspectives pétrolières puisque disposant de deux zones maritimes distinctes pour une exploitation pétrolière : la zone conjointe avec le Nigéria et une zone économique exclusive. Sur la zone économique conjointe, l’exploitation du bloc 1 avait été attribuée à la compagnie française Total avant que celle-ci n’annonce, il y a quelques jours, son retrait. Ce dernier intervient d’ailleurs un an seulement après que la société chinoise Sinopec ait renoncé à l’exploitation de trois blocs de la zone. Et la raison avancée pour expliquer un tel désistement réside dans le fait que les résultats des forages d’exploration ont été particulièrement décevants. Les réserves d’hydrocarbures seraient donc trop limitées pour justifier la poursuite d’investissements.
Cette mauvaise nouvelle augure un échec cuisant qui semble témoigner de dysfonctionnements structurels systémiques. Depuis 1999, São Tomé-et-Príncipe a connu quatorze ministres du pétrole différents, alors que le pays n’a pas encore produit de pétrole ou de gaz. Pourtant, au début des années 2000, des primes d’un montant de 500 millions de dollars avaient été offerts par des compagnies pétrolières étrangères pour l’exploitation de 7 blocs dans la zone conjointe. Cette somme avait d’ailleurs provoqué l’enthousiasme et engendré de grandes aspirations quant à la manne pétrolière du pays, lequel était alors presque totalement dépendant de l’aide étrangère.
Ainsi, compte tenu des réserves limitées d’hydrocarbures dans la zone et le retrait consécutif de plusieurs grandes compagnies pétrolières, une nouvelle vente aux enchères concernant l’exploitation des blocs devrait être vouée à l’échec. Toutefois, Gerhard Seibert révèle que l’autorité responsable de la zone conjointe avec le Nigéria (Abuja-based Joint Development Authority) estime que cette absence de profusion des ressources n’empêcherait pas les compagnies de taille moyenne, avec des capacités financières et techniques adaptées, d’investir dans la superficie abandonnée par Total. D’ailleurs, malgré ces sombres perspectives, les organisations internationales telles que le FMI et la Banque africaine de développement, maintiennent leur optimisme et continuent de considérer que cette manne pétrolière pourrait engendrer des recettes publiques substantielles à l’échelle du pays lusophone.
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